Nos stagiaires témoignent
Formée aux pratiques narratives, par Hervé Sagot et moi-même, Catherine Vérilhac, une équipe de professionnel.le.s du travail social que nous avons eu la chance de rencontrer sur plusieurs modules, nous livre ses impressions sur la formation en cours.
« Nous avons souhaité vous faire un retour collectif sur nos ressentis et ce que cette formation en pratiques narratives nous a déjà apporté, bien qu’elle ne soit pas encore terminée.
Cette formation nous a permis de porter un nouveau regard sur les personnes que nous accompagnons, mais également sur la manière dont elles nous perçoivent. Elle nous invite à déconstruire certaines de nos pratiques professionnelles et à repenser notre posture dans la relation à l’autre. Cela implique parfois un vrai changement de fonctionnement, autant pour nous que pour les personnes accompagnées.
Ce nouveau type d’échange peut d’ailleurs être déstabilisant pour elles, car il diffère des interactions plus classiques qu’elles ont pu vivre avec d’autres professionnels du travail social. Il demande d’accepter un autre cadre relationnel, où l’on n’aborde plus les personnes uniquement à travers leurs problèmes, mais à partir de leurs compétences, de leurs ressources, et de leurs histoires préférées.
Les notions de double écoute, de co-construction, ou encore de multiplicité des histoires nous ont particulièrement marquées. Elles enrichissent notre regard et nous permettent de sortir d’une approche centrée sur le diagnostic ou la problématique.
Cette formation nous a permis de comprendre l’importance du silence lors des entretiens. Elle nous a permis de déconstruire notre apriori vis-à-vis du silence qui pourrait être “gênant” et d’en faire un allié.
Le fait de laisser la place au silence lors des entretiens permet aux personnes d’avoir une autre posture, de prendre le temps et cet effet est réciproque. Nous ne sommes pas dans la précipitation et la personne se réapproprie l’entretien et l’investi.
Cela dit, nous ne mobilisons pas forcément la pratique narrative dans tous les entretiens. Lors de rendez-vous très techniques (par exemple pour une demande d’aide financière), cette posture narrative ne peut pas toujours être pleinement investie. Elle suppose également que la personne et la professionnelle soit disponibles mentalement et émotionnellement. Il faut par ailleurs que la personne ait une bonne compréhension du français, ce qui peut être un frein pour certains publics.
En résumé, cette formation nous bouscule, nous interroge, et nous transforme déjà dans nos pratiques. Elle ouvre des perspectives très stimulantes et humaines, que nous avons hâte de continuer à explorer. »
Merci chaleureusement à vous !
Catherine et Hervé







